Les résultats du mouvement intra-académique 2026 ont été diffusés vendredi 12 juin via I-Prof. Un mois après, faisons le bilan de ce mouvement.
Alors que les résultats du mouvement intra-académique ont été diffusés par le rectorat le vendredi 12 juin dernier, avec 5 jours d’avance sur le calendrier prévu, le SNES-FSU est mobilisé depuis cette date pour accompagner les plus de 80 collègues qui ont formulé un recours sur leur affectation ou leur absence de mutation.
Alors que cette phase de recours se termine, avec près de 6 heures d’audience avec la DPE la semaine dernière, et en attendant les premières affectations attendues en fin de semaine pour les personnels non titulaires d’un poste fixe (titulaires en ATP, TZR, non-titulaire), faisons un premier bilan de ce mouvement intra 2026.
De l’opacité et des changements techniques déterminants non annoncés
Le fonctionnement du mouvement actuel, réalisé depuis 2020 sans contrôle préalable des opérations de mouvement par les organisations syndicales, rend toujours compliqué de comprendre vraiment sa situation. Les collègues participantes au mouvement doivent se contenter d’un message laconique sur I-Prof indiquant leur résultat (ou leur absence) d’affectation, et éventuellement le fait qu’ils ou elles n’ont pas obtenu leur vœu 1. Le rectorat fournit également un maigre bilan du mouvement comportant quelques statistiques globales sur le mouvement et les barres départementales en collège et en lycée, pour les disciplines dans lesquelles plus de deux collègues ont obtenu une mutation dans la zone. Ces maigres informations ne suffisent cependant pas à sortir les participantes de l’opacité dans laquelle ils et elles sont tenues depuis la loi de transformation de la fonction publique de 2019.
Cette année encore, l’opacité a été renforcée par des changements dans la façon de faire tourner l’algorithme de mutation. Alors que jusqu’à présent les collègues entrantes dans un département à l’aide de leur barème DPT étaient ensuite mutées à l’intérieur du département en fonction de leur barème sur les vœux communes (et/ou établissement), le rectorat a considéré cette année que les collègues étant entrées dans un département avec leur vœu DPT pouvaient être satisfaites par n’importe quel poste dans le département. En conséquence, des collègues déjà en poste dans le département ont pu, malgré un barème sur les vœux communes inférieur à celui des entrantes, obtenir une mutation par un échange de poste (ce que l’on appelle la « phase 3 » de l’algorithme). Cette façon de procéder permet au rectorat d’afficher un taux de satisfaction plus élevé car il renforce le nombre de mutations, mais au détriment d’un traitement juste et égalitaire des demandes de mutation. C’est l’action du SNES-FSU qui a permis de mettre à jour en CAPA cette modification de la façon de procéder du rectorat qui n’avait été ni annoncée, ni présentée, que ce soit aux organisations syndicales ou aux participantes au mouvement. Nous avons contesté ces changements et dénoncé leur caractère inacceptable. La rectrice a d’ailleurs présenté ses excuses pour la façon dont ses services ont procédé et a annoncé la mise en place d’un groupe de travail l’an prochain afin de rediscuter collectivement des règles du mouvement intra. Mme Insel s’est engagée également à communiquer, en amont du mouvement, les règles établies de manière claire et explicite.
Un mouvement toujours largement bloqué et des affectations en extension qui continuent d’augmenter
Si le nombre de participantes au mouvement remonte légèrement cette année et revient au niveau de 2024, avec 2377 participant.es le taux de mutation diminue lui encore légèrement avec à peine 31,5% des collègues qui demandent une mutation qui sont mutés. Surtout, ce chiffre global masque la réalité du mouvement, car les 2/3 des agentes mutées sont en réalité des « participantes obligatoires » qui doivent obligatoirement obtenir une affectation dans l’académie (collègues entrantes à l’inter, en réintégration ou en mesure de carte scolaire).
Les collègues déjà en poste dans l’académie ne représentent ainsi qu’un tiers des collègues ayant obtenu une mutation (252 sur les 749 mutées) et leur taux de mutation est de moins de 14%, ce qui signifie qu’en réalité, hors participantes obligatoires, c’est moins de 1 collègue sur 7 qui demande un changement d’affectation qui obtient sa mutation dans l’académie contre 1 sur 5 l’année dernière. Et encore, ces chiffres ont été « gonflés » par les modifications du fonctionnement du mouvement cette année, plus de 40% de ces mutations (108 sur 252) étant réalisées en phase 3 de l’algorithme contre 16% l’an dernier (54 sur 338) et 23% il y a deux ans.
Du côté des participantes obligatoires, cette année 62 collègues ont été mutées en dehors de leurs vœux formulés. Ces affectations en extension ont connu une nette augmentation, près de 50 % depuis 2 ans.
Au final ce sont 12,5% des participantes obligatoires, soit 1 collègue sur 8, qui sont affectées en dehors de leurs vœux, dans la plupart des cas en dehors du département qu’ils ou elles visaient.
| 2022 | 2023 | 2024 | 2025 | 2026 |
|---|---|---|---|---|
| 51 | 45 | 41 | 50 | 62 |
Des disciplines bloquées et des barres qui continuent d’atteindre des records
Ce constat global peut être complété par une analyse par discipline, des disparités importantes existant dans les possibilités de mutation selon la discipline de poste des collègues. La situation se maintient chez les CPE avec 39 mutés pour 90 demandes et un taux de mutation des collègues en poste de 30%, même si la situation masque des disparités départementales (deux mutations seulement ayant eu lieu en Ille-et-Vilaine). En SES, les mutations ont pu être plus nombreuses cette année grâce à davantage de postes vacants ouvert au mouvement, alors que en Économie-Gestion et en SSI, les mutations continuent d’être relativement aisées avec plus de 50% des demandes de mutations qui aboutissent.
La situation continue par contre de se dégrader dans les disciplines importantes en nombre de collègues comme les Mathématiques, les Lettres modernes, l’Histoire-géographie ou l’Anglais. La situation était particulièrement tendue en Mathématiques cette année, avec 23,9% des demandes de mutation satisfaites mais seulement 6,2% des collègues déjà titulaires d’un poste dans l’académie qui ont pu changer d’affectation. Cette tension, particulièrement visible dans le Morbihan cette année, s’est traduite par une explosion des affectations en extension qui sont passées de 2 l’année dernière à 9 cette année.
La situation continue d’être compliquée également en Lettres Modernes où à peine 28,6% des candidates au mouvement obtiennent une mutation et seulement 9% à l’échelle des des collègues titulaires de l’académie qui demandent à muter. Même situation en Anglais où derrière un taux de mutation global de 25,7% se cache un faible taux de mutation des collègues en poste (9%) et des affectations en extension qui concernent 1 collègue sur 5 entrantes dans l’académie (9 sur 45). La situation se maintient chez les CPE avec 39 mutés pour 90 demandes et un taux de mutation des collègues en poste de 30%, même si la situation masque des disparités départementales (deux mutations seulement ayant eu lieu en Ille-et-Vilaine).
En sciences, même si elle s’améliore très largement, la situation continue d’être très alarmante, puisque à peine 25% des demandes de mutation aboutissent avec seulement 7,9% et 10,3% des demandeurs en poste dans l’académie qui réussissent à obtenir une mutation en Physique-Chimie et en SVT.
| Discipline | Participantes | Nombre de mutées | Taux de mutation | dont participantes obligatoires | Dont affectation extension | Taux d’extension | dont titulaires d’un poste (PSV) | Taux mutation titulaire d’un poste |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Lettres modernes | 283 | 81 | 28,6% | 61 | 8 | 13,1% | 20 | 9,0% |
| Anglais | 237 | 61 | 25,7% | 45 | 9 | 20% | 16 | 8,3% |
| Espagnol | 147 | 40 | 27,2% | 21 | 2 | 9,5% | 19 | 15,1% |
| Histoire-géographie | 208 | 62 | 29,8% | 34 | 6 | 17,6% | 28 | 16,1% |
| Mathématiques | 339 | 81 | 23,9% | 64 | 9 | 14,1% | 17 | 6,2% |
| Physique-Chimie | 140 | 35 | 25,0% | 26 | 4 | 15,4% | 9 | 7,9% |
| SVT | 143 | 38 | 26,6% | 26 | 2 | 7,7% | 12 | 10,3% |
| Ensemble des disciplines | 2334 | 749 | 32,1% | 497 | 62 | 12,5% | 252 | 13,7% |
Des barres toujours plus hautes
Ces situations différenciées ont des conséquences sur les barres pour accéder à un poste fixe ou à une ZR dans les départements. Dans certaines disciplines, les barres atteignent des niveaux délirants puisqu’il fallait par exemple cette année plus de 1898,2 points pour obtenir un poste fixe dans le Morbihan en Mathématiques et plus de 1013,2 pour obtenir un poste fixe en Anglais dans ce département. Dans les autres départements, les barres pour obtenir un poste fixe dans ces disciplines restent très élevées, avec souvent plus de 600 points pour obtenir un poste fie dans le 22, le 29 ou le 35. En Lettres modernes, les barres pour accéder à un poste fixe continuent également d’être extrêmement élevées dans tous les départements, puisqu’il fallait plus de 787,2 points pour obtenir un poste dans le 35, plus de 818,2 points dans le 29 et de 837 points dans le 56 et même plus de 1323,2 points dans le 22.
De même en histoire-géographie, les barres pour accéder à un poste fixe sont à plus de 550 points dans l’ensemble des départements de l’académie, avec des départements sans aucune ouverture de zone de remplacement (le 29 et le 56), tout comme en SVT où aucune barre affichée pour un poste fixe ne se situe en dessous des 695,2 points
Dans les autres disciplines (Philosophie, SES, Espagnol, Physique-Chimie) les barres, lorsqu’elles sont fournies par le Rectorat (s’il y a plus d’une mutation sur la zone donnée), se situent rarement sous les 400 points pour les postes fixes.
L’ensemble des barres départementales dans votre discipline est à retrouver sur le site du SNES National : https://adherent.snes.edu/Modules/Mutation/BarresIntra/index.php ou dans le fichier ci-dessous.
La suite
Le mouvement n’est pas fini pour certains collègues et les services de la DPE. Certains recours pour lesquels nous avons accompagné .les collègues sont encore à l’étude. Et en fin de semaine, la DPE diffusera aux TZR et non-titulaires les premiers projets d’affectation sur ZR. N’hésitez pas à faire appel à nous en cas de difficultés.

